Dès le tout début de mes ramassages, Aurore et Jérémy ont proposé que « rose » soit la couleur de mes errances. En ces jours d’avril, roses sont les rues de la cité. Parfaite concordance. Et les autres couleurs : Côté vert, presque rien ; côté jaune, guère plus. Ma balade est...
Petite pluie abat grand vent. Très bien, mais je préfère attendre la fin des trombes. Très bien, mais après la petite pluie, il souffle un vent à décorner les bœufs (quelle drôle d’expression ; c’est comme si le vent allait nous arracher les oreilles) ; mon sac rempli aux trois quarts...
La marche du petit poucet n’est pas une marche lente, faites passer. J’ai testé, c’est vérifié. Trois minutes exactement après le passage de l’un d’entre eux, j’ai, en grande vitesse mais avec toute la conscience requise, retiré les cartons qu’il venait de placer aux vitres des voitures. Ce n’est...
Le temps qui court. On parle d’agenda de ministre. Comme si les échevines, les balayeuses et les rêveuses n’avaient pas aussi des milles et des cents à faire. Bref, pas de place pour nettoyer les rues. Comme nous sommes en nombre maintenant, ça ne fait guère de différence, la cité est propre. Mais...
Bourdonnantes, par dizaines, les abeilles ambassadrices de propreté avec leurs gilets jaunes, et c’était comme une ruche supplémentaire dans le petit bois de Catherine. Celles-là ne feraient pas de miel à proprement parler, mais c’était miel quand même, cette joyeuse bande tornadant babillant...
Un matin d’oiseaux déchaînés sous un ciel qui promet la pluie. Je vais. Des cendriers entiers déversés le long des palissades de la place Keym. D’autres choses aussi. Une dame trouve l’humanité scandaleuse. Je lui dis bien sûr que 95% au moins des humains ne jettent jamais rien. Elle s’étonne....
Un lendemain de tempête (même que malgré tout devant aller parler d’un certain livre de l’autre côté de la forêt je l’ai traversée à vélo sans problème). Et je me dis qu’il y aura de quoi ramasser. Eh ben non, pas tellement. La vie va propre dans ma cité. Mais le vent souffle toujours, au grand...
Un samedi sec et clair, rendez-vous à 10h pour jouer dans les rhododendrons de l’avenue du Geai et le talus en face. Nous voilà onze à nettoyer au rythme des chansons revisitées par Aurore. Une heure, et l’Eden reparaît. L’Eden a ses ambassadeurs désormais.
Oh qu’elle était sale, la rue. À ne plus avoir envie de la voir. Sauf qu’elle est difficile à éviter. Alors, la nettoyer. Sous le vent. La fuite des sacs. Que je rattrape. C’en devient amusant. Au bout de la rue sale, le sac est plein. Et la rue propre. Envie d’y passer. Je me suis rabiboché avec...
29 janvier, lundi, soleil. L’impression de sortir d’un long tunnel de pluie qui n’incitait guère aux balades à pince. Mais ce matin, je marche doucement au sec, dès le pas de ma porte. Ça fait du bien aussi de marcher dans des rues où les passants se saluent. Mes dernières sorties solitaires dans...
Je monte à vélo pour travailler au champ. Je croise un petit poucet. J’attache mon vélo. Je récolte les cartes qu’il vient de semer. Je remonte à pied. Je récupère mon vélo. Je vais travailler au champ.
« Nous partîmes à six et sans aucun renfort Nous remplîmes dix-neuf sacs jusques-à ras bord » (Variation sur Le Cid de Corneille) Et donc il y avait Ariane (sans son fil) Nathalie (Il avait un joli nom mon guide) Marie (Quand je t’ai connue tu portais des robes à fleurs) Aurore (à qui...