Mercredi 12 mai, 41e jour

Ce midi, je m’enfonce dans les rues aux volets jaunes ; beaucoup d’échafaudages, et on dirait des navires dont les mâts immobiles se découpent dans le ciel ; on rénove les maisons sociales un peu partout, c’est réjouissant. Réjouissant aussi de croiser un jardinier qui me salue avec un grand sourire.

Le ciel est partagé, bleu blanc gris de tous les gris, il pleuvra tout à l’heure.

Je me dis que bientôt peut-être je ne ramasserai plus de masques. C’est une bonne nouvelle bien sûr, et pourtant quelque chose d’étrange s’insinue dans ma pensée, comme s’il allait manquer quelque chose à ma collecte hétéroclite. C’est vrai, même dans une activité apparemment systématique, de petits changements apparaissent qui changent à peine le mouvement, mais le transforment pourtant. Et je pense à un ami écrivain qui toujours sacralise le banal, capable de faire un monde d’une brosse à dent ou d’une carte postale.

Je passe par l’avenue Pré des Agneaux, qui n’en avait plus vus depuis plus de cinquante ans mais qui a salué leur retour dernièrement avec le passage des brebis éco-pâtureuses. Et quelques rues plus loin, pourtant toujours bien en ville, un panneau : Prudence, milieu rural. Je m’arrête un moment, enchanté.

Mes regards sont en permanence attirés par les rigoles, et je me demande si elles rient, avec tout ce qu’elles voient. Quelques mètres plus loin, un égout et un message : Ici commence la mer. Peut-être par ces simples mots s’arrêtera un jour le jet de mégots.

Mon sac est plein ; je m’assieds sur un banc ; à quelques mètres de moi, des oiseaux viennent chercher leur pitance. Je suis heureux de me dire qu’après mon passage, ils ne seront pas leurrés dans leur choix.

Avant de repartir, je jette un dernier regard sur l’immeuble Hector Denis, qui semble un magnifique paquebot ancré en bord de square. J’étais d’humeur marine aujourd’hui.

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